Sublimae

   

 

 

Le projet SublimAE (“Sublime and Aesthetic Experience”) vise à développer une nouvelle approche cognitive du sublime, qui devrait permettre d’éclairer la relation entre le sublime, les expériences esthétiques et la conscience de soi en intégrant étroitement l’analyse philosophique et les hypothèses et tests empiriques. La notion de sublime trouve ses racines dans la rhétorique antique, mais elle émerge au 18ème siècle comme une catégorie centrale de l’expérience esthétique, typiquement opposée à l’expérience esthétique du beau.  Alors que cette dernière est principalement positive et agréable, le sublime est caractérisé par des sentiments ambivalents. D’une part, le sublime implique une immensité ou une puissance écrasante, qui perturbe et déstabilise. D’autre part, le sublime représente un défi, qui est éclairant et exaltant. L’expérience globale du sublime est souvent associée au sentiment de l’insignifiance de la vie humaine, de notre petitesse comparée à la grandeur à laquelle nous sommes confrontés. En philosophie, les discussions contemporaines sur le sublime ont été rares. Plus récemment, cependant, on a assisté à un regain d’intérêt pour le sublime. Indépendamment de ce nouveau développement, des études expérimentales récentes ont tenté de comprendre les expériences esthétiques au niveau neurologique. L’expérience du beau a été l’objet privilégié des recherches en neuroesthetique. Néanmoins, Il n’existe qu’une seule étude portant directement sur les corrélats neuronaux de l’expérience du sublime. En psychologie, un concept proche a suscité un certain intérêt, à savoir l’émotion de awe. Notre hypothèse principale est que le sublime est une expérience nécessairement immersive, d’une manière qui brouille la distinction expérientielle entre soi et le reste du monde. Par conséquence le sublime donne lieu à une expérience esthétique qui implique une di

Sublimae : 15 AVRIL 2020 PAR DAVID CHRISTOFFEL #MetaClassique

SublimAE poursuit trois lignes d’investigation principales. La première est la création de matériaux expérimentaux en partant de ce qui a été défini comme l’un des principaux déclencheurs d’expériences sublimes, à savoir l’immensité. Le principal défi du premier objectif est d’aller au-delà des approches expérimentales classiques du sublime en utilisant des matériaux visuels appauvris. Dans ce sens nous proposons d’utiliser la musique et la réalité virtuelle pour induire cette expérience. La deuxième consiste à saisir les différences entre le sublime et d’autres expériences esthétiques qui lui sont opposées (par exemple, la beauté) ou similaires (par exemple, la terrible beauté). Enfin, la troisième testera l’impact de l’expérience du sublime sur la conscience de soi.

Le lien au site officiel du projet : https://sublimae.wordpress.com/

Le principales publications associées :

-Arcangeli, M. & Dokic, J. (2021), At the limits: what drives experiences of the sublime, British Journal of Aesthetics, 61/2, 145–161
-Arcangeli, M., & Dokic, J. (2020). A Plea for the Sublime in Science. In The Aesthetics of Science (pp. 104-124). Routledge.
-Arcangeli, M., Sperduti, M., Jacquot, A., Piolino, P. & Dokic, J. (2020), Awe and the Experience of the Sublime: A Complex Relationship, Frontiers in Psychology, doi: 10.3389/fpsyg.2020.01340
-Buch, E. (2020), The Sound of the Sublime. Notes on Burke as Time Goes By, Substance 49(2):44-59
-Arcangeli, M., Dokic J. & Sperduti M. (2018), The beautiful, the sublime and the self. In Advances in Experimental Philosophy of Aesthetics, ed. F. Cova & S. Réhault, 175-196, Bloomsbury

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